Académie de Géopolitique de Paris
ISSN 1963-0867X

Est déclarée auprès du rectorat de Paris, Établissement privé d’enseignement supérieur, régi par
la loi (Art. L.731-2, L.731-3 et L.731-4 du code de l’Éducation), et conformément à l’article L 613-1,
elle est habilitée à décerner les diplômes d’enseignement suivants : le Diplôme de 3ème cycle en
Études Géopolitiques et Géostratégiques ainsi que le Diplôme académique supérieur en Études
Géopolitiques et Géostratégiques (Ph.D). Pour plus d’informations, veuillez consulter
www.strategicsinternational.fr 

Ecole Supérieure de Géopolitique de Paris

Institut International d’Etudes Stratégiques
Etablissement Privé d'Enseignement Supérieur
88, Rue des Entrepreneurs, 75015 Paris
Tél. : 01.48.20.14.89 - Fax : 01.48.20.82.63
www.strategicsinternational.com 
strategique@orange.fr

Première semestre  2011

Le Conseil d’Administration:

Ali Rastbeen : Président

Recteur Gérard-François Dumont : Vice-Président

Christophe Réveillard : Secrétaire Général

André Pertuzio : Administrateur, Trésorier 

Géostratégiques

CONSEIL SCIENTIFIQUE :

Jean-Paul BLED
Université Paris IV Sorbonne

Jean-Paul CHARNAY
Directeur de Recherches au CNRS et président à la Sorbon
ne
Centre de la philosophie de la stratégie

Thierry COVILLE
chercheur associé au CNRS, Département Monde Iranien

Recteur Jean-Pierre DOUMENGE
CNRS – Université de Montpellier


François-Georges DREYFUS
université de Paris iV sorbonne

Recteur Gérard-François DUMONT
Université Paris-IV Sorbonne

Hall GARDNER
Université américaine de Paris

Fereydoun A. KHAVAND
Université Paris-V

Yves LACOSTE
Université Paris VIII

le Général (cr) Henri PARIS,
Président de DÉMOCRATIES

COMITÉ DE RÉDACTION :

Christophe RÉVEILLARD
Université Paris IV Sorbonne - Collège interarmées de Défense

Roger TEBIB
Centre d’études de Défense et de Sécurité civile

Mohamed TROUDI
Chercheur à l’Université Paris XII – Val de Marne


CARTOGRAPHIE


Philippe TORRES
Professeur de relations internationales 

CORRESPONDANTS ETRANGERS

Khaled BATARFI
Journaliste –Ecrivain
Djedda –Arabie Saoudite

Abdelhamid BESSAA
Enseignant – Chercheur en Relations Internationales
Institut des Sciences Politiques et des Relations Internationales
Université d’Alger – Algérie

Pieter FOURIE
Enseignant –Chercheur en Etudes Politiques et de Gouvernance
Université de Johannesburg - Johannesburg - Afrique du Sud

Houshang Hassan-Yari
Professeur et Adjoint spécial du Recteur du Collège militaire royal
du Canada pour liaison nationale et internationale - Ontario - Canada

Rasheed KHALID
Professeur de Relations Internationales et d’Etudes Stratégiques
Université Quaid-i-Azam - Islamabad - Pakistan

Ahmed Naghibzadeh
Professeur de Sciences Politiques
Université de Téhéran - Téhéran -Iran

Nathalie OUVAROFF
Journaliste- Reporter
Moscou - Russie

Oliver SCHULZ
Chercheur en Histoire contemporaine
Université de Heinrich Heine - Düsseldorf -Allemagne

DIRECTEUR TECHNIQUE :

M. FERDOSI

RELATIONS Internationales : 
Kouros FARAZIAN
farazian@strategicsinternational.fr


DIRECTEUR DE PUBLICATION:
Ali RASTBEEN

 


Géostratégiques N° 31

COMPLEXITÉS BALKANIQUES

  

Prix : 20 Euros 

EDITORIAL : COMPLEXITÉS BALKANIQUES
 

C’est seulement à partir du xve siècle que le mot Balkan (montagne boisée en langue turque) a été utilisé pour désigner les montagnes qui traversent la Bulgarie
d’est en ouest. On a là un arc de cercle de près de 500 kilomètres qui va de la mer Noire aux Portes de fer.

L’expression péninsule des Balkans a été utilisée, quant à elle, pour la première fois en 1808 par le géographe allemand Johann August Zeune qui pensait, à tort,
que les monts Haemus s’étendaient sur toute l’Europe du Sud-Est. Malgré les critiques formulées depuis cette époque par de nombreux géographes, on désigne toujours
par Balkans une zone comprise entre la mer Noire à l’est et la Méditerranée au sud et à l’ouest. Les pays qui composent les Balkans sont alors l’Albanie, la
Bosnie-Herzégovine, la Croatie, le Kosovo, la Macédoine, le Monténégro, la Serbie et la Slovénie dans leur partie ouest. Les Balkans orientaux consistent, eux, en la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie. Enfin, la Grèce appartient à la zone balkanique méridionale, même si, jusqu’au xixe siècle, les îles proches de la côte asiatique étaient considérées comme turques.

En matière géographique, les Balkans représentent une aire de 550 000 kilomètres carrés dont la limite au nord serait fixée par les fleuves Danube-Save-Kupa.
La majeure partie de la péninsule est très montagneuse, l’altitude moyenne de 500 mètres n’empêchant pas le sommet bulgare de Rila d’atteindre les 2 925 mètres
et le mont Olympe, grec, les 2 919 mètres..


...................à suivre

top 












































Pr. Jacques BARRAT

Achat en ligne

Si vous voulez acheter plusieurs revues, cliquez sur le bouton "ajouter au panier" au dessus du numéro en cliquant sur ce bouton, ensuite vous pouvez continuer vos achats.

Geostrategiques
4éme Semestre 2010 - N° 30

La TURQUIE ,occident ou orient?

Geostrategiques
Octobre 2010 - N° 29

Où va l'Amérique de Barack Obama?

Geostrategiques
Juillet 2010 - N° 28

La réémergence de l'Asie centrale

Geostrategiques
Avril 2010 - N° 27

Géopolitiques d'Afghanistan

Geostrategiques
Janvier 2010 - N° 26

Géopolitiques Japonaises 

Geostrategiques
Octobre 2009 - N° 25

L'Afrique Subsaharienne 

Geostrategiques
Juillet 2009 - N° 24

La Géostratégie de la Russie 

Geostrategiques
Mai 2009 - N° 23

Les enjeux géostratégiques entre les États-Unis et l’Iran 

Geostrategiques
Janvier 2009 - N° 22

le géostrategie des crises au  "Grand Moyen Orient" 

Geostrategiques
November 2008 - N° 21
Quelle Union pour la Méditerranée?

Geostrategiques
Juillet 2008 - N° 20

Les Crises en Europe

Geostrategiques
Avril 2008 - N° 19
L'avenir géostratégique de la puissance indienne

Geostrategiques
Dectembre 2007 - N° 18
La crise iranienne : 
mythe ou réalité?

Geostrategiques
Septembre 2007 - N° 17
La Chine

Geostrategiques
Avril 2007 - N° 16
Les O.N.G.

Geostrategiques
Janvier 2007 - N° 15
L'Europe et les crises au Moyen-Orient

Geostrategiques
15 novembre 2006 - N°14

Quels avenirs pour l'ONU?

Geostrategiques
Juillet 2006 - N°13
La Géosociologie de L'Asie occidentale

Geostrategiques
Avril 2006 - N°12

Asie centrale du sud

Geostrategiques
Février 2006 - N°11

Amérique Latine

Geostrategiques
Février 2006 - N° 10

IRAN

Geostrategiques
Octobre 2005 - N° 9

MOYEN-ORIENT

Geostrategiques 
Juillet 2005 - N°8

la Politique des Etats de l’Europe et de la Russie au Moyen-Orient

Geostrategiques 
Avril 2005 - N°7

IRAK

Geostrategiques 
Janvier 2005 - N°6

Quel avenir pour le Moyen Orient ?


Les Balkans et la balkanisation


La presqu’île des Balkans, située au sud-est de l’Europe, a été depuis longtemps le point de contact au Moyen-Orient avec le continent asiatique. Dans l’histoire des relations permanentes entre l’Asie et l’Europe, son rôle géopolitique a toujours été préservé. Avant l’apparition de l’islam, au summum de la puissance de l’Empire sassanide en Iran, Constantin, empereur de Rome, a établi sa capitale
militaire, Constantinople – l’actuelle Istanbul –, dans les Balkans, au point de jonction des deux continents. Peu de temps après, Byzance et le califat islamique sont devenus voisins (1). Enfin, à la suite des croisades et de l’incitation à l’émigration des tribus turques pour participer au djihad dans l’Ouest de l’Asie, le sultan ottoman Ghazi (1324-1258) a instauré son pouvoir sur les vestiges des luttes entre le sultan seldjoukide et Byzance. Ses successeurs, après avoir conquis Constantinople en 1453, se sont avancés dans les Balkans jusqu’aux portes de l’Autriche. Cette domination a duré cinq siècles. L’indépendance de la Serbie en 1866 a marqué le début de la retraite des Ottomans de l’Europe. Suite au traité de Londres en 1913, le territoire ottoman des Balkans s’est réduit à la province d’Istanbul. Après la Première Guerre mondiale, suite au traité de paix de Sèvres avec l’Angleterre et la France en 1920, la province d’Istanbul dans les Balkans a été préservée par la République turque (qui a succédé à l’Empire ottoman), ce qui constitue l’argument actuel pour l’entrée de la Turquie dans la Communauté européenne.




..................à suivre

 top

  Ali RASTBEEN


Le peuplement Balkanique, un kaléidoscope Géopolitique

Comme toute région du monde, les Balkans se caractérisent par un territoire et un peuplement. Ses limites géographiques sont souvent considérées comme celles des territoires que l’occupation de l’empire ottoman, pendant quatre siècles, éloigna du reste de l’Europe. D’autres définitions s’appuient sur les régions ayant connu l’influence de l’église orthodoxe à l’époque byzantine, même si certaines populations ont été islamisées à partir du XIVe siècle. Ce simple essai de définition montre déjà plusieurs approches territoriales possibles. Pour les années 2010, choisissons comme limites des Balkans neuf États, soit l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, le Kosovo, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie. Quant au peuplement de cette région, en 1932, Albert Londres, le père du journalisme d'investigation, démontrait la grande difficulté à le comprendre. Est-il possible de le démentir ?





.. ............................. .à suivre

 top


 

 


Recteur Gérard-François DUMONT


Limites et frontières dans les Balkans, de l’Empire romain à nos jours

En ce printemps 2011, il convient d’être conscient que presque toutes les frontières des États balkaniques sont artificielles. Cela s’explique par l’histoire mouvementée
des territoires et des peuples de cette région, depuis l’époque romaine.

Les Balkans sont occupés par les Romains dès la fin du 1er siècle avant J.-C. Sous le titre d’Illyrie et de Mésie, c’étaient des provinces impériales dès le temps d’Auguste
et elles marquent les frontières de l’Empire le long de la Save et du Danube. À la hauteur du Monténégro est apparue une nouvelle province, sénatoriale celle-là,
la Macédoine ; la province sénatoriale d’Achaïe avait pour limite une ligne allant de Corfou aux Thermopyles.

Dans les frontières de l’époque préottomane, au temps de Dioclétien (284-305), les diocèses balkaniques de l’Empire romain portaient les noms suivants :
Dalmatie (dépendant de la préfecture d’Italie), Mésie, Dacie, Dardanie, Épire et Macédoine (dépendant de la préfecture d’Illyrie). Il y avait aussi les diocèses d’Épire
ancienne, de Thessalie et d’Achaïe. Il n’est pas inintéressant de noter qu’aucun de ces territoires ne marque une frontière contemporaine, à la différence de ce qui se passe en Occident. Entre le diocèse d’Espagne et le diocèse de Vienne sur Rhône, la limite est l’actuelle frontière entre la France et l’Espagne. Il en est de même entre la préfecture des Alpes-Maritimes et les Alpes Cottiennes.



. ................................à suivre

 top



Professeur F. G. DREYFUS


Les Balkans, carrefour stratégique

LCette péninsule au sud-ouest de l’Europe a toujours eu une réputation justifiée d’instabilité, de relations conflictuelles et de morcellements territoriaux reflétés par le qualificatif « balkanisé », qui traduit assez justement l’état de cette région aujourd’hui.

Un rappel historique

Dans son dernier ouvrage, 1917. L’Année des occasions perdues, François-Georges Dreyfus brosse un tableau, hélas véridique, des conséquences de l’échec des négociations de paix cette année-là. Il en fut ainsi notamment de la tentative de médiation du pape Benoît XV à laquelle s’opposa le président des États-Unis Woodrow Wilson, notamment ennemi du « papisme » et qui devait, après l’intervention américaine, influencer le calamiteux traité de Versailles dont Jacques Bainville, dans
Les conséquences politiques de la paix, devait démontrer le fatal enchaînement qui conduira à la Seconde Guerre mondiale. L’une des dispositions essentielles dudit traité fut la disparition de l’Empire austro-hongrois, laissant une Allemagne, désormais république unifiée, dominer de son poids humain et économique toute l’Europe centrale, désormais constituée de nouveaux États faibles ou composites, tels la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie.
 ............................................................................. à suivre

 top

 André PERTUZIO

 


La mort ou l’échec de la défense européenne dans les Balkans ?

Poser le libellé du titre de cette très courte étude à l’interrogatif revient à y répondre. Non seulement il n’y a pas eu de défense européenne dans les Balkans durant les guerres qu’ils ont subies dans la décennie 1990, mais, de fait, l’Europe institutionnelle a été à peu près absente du conflit, a fortiori, de son appareil de défense. Qu’il y ait échec, assurément donc ! Mort peut-être pas, parce que, si mort ou inexistence il y a, de toute défense européenne durant les guerres balkaniques, ce qui est un constat, en revanche, la leçon d’une nécessité de bâtir cette défense
aurait pu être tirée.

À cet effet, est dressé un bilan de ce qu’il en est en 2011, en préalable. L’historique des guerres balkaniques, plusieurs fois retracé, n’offre pour la démarche que l’intérêt d’une analyse des raisons de l’inaction, voire de l’absence de tout système de forces armées européennes et plus largement de l’Europe institutionnelle. C’est pourquoi l’examen s’attache uniquement à cette analyse et non à un
historique déjà maintes fois entrepris. La démarche porte, de fait, sur les relations entre l’ONU, l’OTAN et l’Union européenne. Interviennent des constantes dont l’examen démontre bien que ce ne sont pas des cas fortuits et dont l’Europe, en tant que telle, est irrémédiablement absente.

 
................................................ à suivre

 top

Général (cr) Henri PARIS




Les musulmans de Yougoslavie
Un point de vue – xiiie au xxe siècle


En 1978, l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) a organisé un colloque sur La question nationale après la Première Guerre mondiale. Ma communication portait sur la spécificité ethnique des musulmans yougoslaves. J’y avais traité le lent mûrissement de l’idée de la particularité de ces nouveaux musulmans de langue slave. Cette nation était reconnue en 1966 comme une des trois composantes de la République de Bosnie-Herzégovine. Cette communication a été, d’une certaine manière, une suite à ma Lettre de Foca, publiée dans Le Monde du 17 février 1974. À cette époque déjà lointaine, tous ceux qui essayaient de comprendre la complexité ethnique de la Yougoslavie avaient bien admis qu’y vivaient des Slovènes, des Croates, des Serbes, des Macédoniens et des Monténégrins.

L’occupation ottomane de la péninsule Balkanique et de la Serbie commence au xive siècle. Cette Péninsule, avant l’arrivée des Ottomans, portait le nom latin Haemus. C’est l’époque ottomane qui va lui attribuer le nom turc de Balkans (qui signifie « montagne »). Donc, nous la nommerons au cours de cet article uniquement comme Péninsule.




.. ............................. .à suivre

 top

Y. BOGDONVEIC


L’islamisme, une persistance minoritaire dans les Balkans

L’identité des Balkans est dominée par sa position géographique, historiquement c’est un secteur connu comme le carrefour de diverses cultures, un point de
rencontre entre l’islam et le christianisme.

Quand il s’agit de parler de l’islam en Occident, généralement ce sont les stéréotypes et les idées reçues qui l’emportent, mais quand on parle de l’islam balkanique,
la compréhension et la connaissance ne sont guère  meilleures. Cet article se propose d’éclairer autant que faire se peut la réalité de l’islam balkanique d’hier et de comprendre ses dynamiques d’aujourd’hui.

L’histoire de l’installation de l’islam dans la région des Balkans est considérée à partir de l’occupation ottomane du xve siècle. C’est de là que vient essentiellement
la présence des communautés musulmanes aujourd’hui dans les Balkans. Les musulmans des Balkans sont par conséquent le fruit de deux étapes, la première est liée à l’installation dans cette région des personnes déjà musulmanes en provenance de Turquie et notamment d’Anatolie. La deuxième étape est à mettre en rapport
avec une vague de conversions des populations autochtones, acquises à la religion musulmane suite au mélange avec des populations turques issues de la présence ottomane dès les premiers temps de la conquête à partir du xive siècle. Le phénomène de conversion se passe principalement dans l’Ouest, c’est-à-dire principalement en Bosnie-Herzégovine, en Albanie, au Kosovo et en Macédoine.
l



.....................à suivre

 top



Mohammed Fadhel TROUDI


L’incertaine frange méridionale

On a coutume de dire que la dissociation de la Yougoslavie, à l’aube des années 1990, a redonné à la carte du Sud-Est de l’Europe l’aspect qui était le sien
avant la Première Guerre mondiale. C’est faux. Avant 1914, sept États se partageaient l’espace de vallées et de montagnes enchevêtrées qui s’étend entre la Grèce
et les plaines hongroises. Ils sont dix aujourd’hui. Sept de ces derniers ont appartenu entre-temps à l’ensemble yougoslave, dont l’échec à constituer un État-nation
durable doit certainement beaucoup aux circonstances très conjoncturelles de sa création. Le royaume de Yougoslavie, en effet, fut créé en 19181 par la volonté des États vainqueurs de la guerre, persuadés que, en rassemblant les peuples slaves méridionaux dans une même structure politique, un phénomène national se constituerait peu à peu entre eux, qui éloignerait le spectre de nouveaux conflits. Pour mieux assurer la réussite de ce projet, les États européens fermèrent les yeux sur l’autoritarisme
incontestable de la monarchie qu’ils avaient mise en place, bien loin des préceptes westminstériens de fonctionnement. Dans le contexte de développement
des dictatures que connut l’Europe de l’entre-deux-guerres, le royaume yougoslave n’avait guère de raisons de faire exception, oscillant entre la proximité diplomatique
avec les Occidentaux, puis celle avec les puissances fascistes après l’assassinat du roi Alexandre en 1934, à Marseille.
...................................................................à suivre

 top

Patrick Dombrowsky



La Grèce : trois décennies d’anesthésiant européen

Avant la Seconde Guerre mondiale, la Grèce appartenait sans aucun doute aux Balkans. Son niveau de développement économique et le fonctionnement
de sa vie politique ne la différenciaient guère des autres pays de la péninsule. Dix ans plus tard, après la guerre, l’Occupation et la terrible guerre civile, la Grèce se trouvait dans une situation bien pire que les autres pays balkaniques. Certaines catégories de la population n’avaient pas les moyens de satisfaire leurs besoins les
plus élémentaires, tandis que le chômage conduisait à une émigration massive.

Européanisation réelle ou illusoire ?

Pourtant, la situation n’a pas tardé à changer, grâce d’abord à l’aide américaine et ensuite à une croissance rapide (au niveau de 7 % par an) qui a permis à la Grèce
de rattraper économiquement son retard par rapport à ses voisins balkaniques, devenus communistes. Le parcours de la Grèce pendant les années 1950 et 1960 permettait
de parler de « miracle économique grec ». La croissance économique fut accompagnée de changements sociaux et géographiques spectaculaires. La population s’est concentrée dans quelques grandes villes, et surtout à Athènes ; la montagne et les îles ont été abandonnées par leurs habitants en faveur des plaines, des villes et de
l’étranger ; enfin une classe moyenne a commencé à voir le jour. La démocratisation de l’éducation a fait émerger une jeunesse étudiante dynamique et revendicative.



.. ................................................à suivre

 top


Georges Prévélakis


Heurs et malheurs des géopolitiques albanaises

Une certaine idée géopolitique transmise pendant des générations entières

Les Albanais occupent une place assez spécifique parmi les nations des Balkans, péninsule devenue un symbole planétaire qui désigne des régions marquées par des
conflits ethniques souvent ensanglantés et des fragmentations territoriales incessantes.

Les élites politiques albanaises pendant des siècles ont essayé d’élaborer des stratégies politiques et géopolitiques diverses qui ont eu pour principal but la survie de leur communauté nationale. Pendant toute leur histoire, les Albanais se sont considérés entourés de peuples voisins – en rude concurrence avec eux – en ce qui
concerne le partage des espaces et des territoires localement disputés. Ces projets géopolitiques, anciens et contemporains, affichent des spécificités particulières liées
à des conjonctures concrètes de chaque période de l’histoire des populations balkaniques. De plus, curieusement, ils déploient aussi des continuités surprenantes, en accumulant une certaine mémoire nationale collective qui est devenue inévitable en tant qu’instrument de réflexion à chaque fois que les dirigeants albanais ont pensé le destin de leur peuple.




 ......................à suivre

 top

Artan FUGA


Kosovo, enclaves : quel État pour quel territoire ?


Le 18 février 2008, le Kosovo déclarait unilatéralement son indépendance et était assez rapidement reconnu par quelques dizaines d’États dans le monde, dont les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, entre autres. Officiellement, les dirigeants du Kosovo affirmaient que cet État serait une démocratie laïque, garantissant les droits et les libertés des minorités vivant sur son territoire, et en particulier ceux de la minorité serbe. Le Kosovo est en effet un territoire pluriethnique. D’après des estimations de 20051, il serait peuplé de 2,1 millions d’habitants, dont 88 % d’Albanais, 7 % de Serbes, 2,4 % de Roms, 0,7 % de Turcs, auxquels s’ajoutent des Gorans, des Bosniaques, des Croates, des Ashkallis, des Tcherkesses, entre autres.

Toutefois, dès l’annonce de sa naissance, cet État était soumis à une contestation territoriale à trois échelles :
– au plan international. Un grand nombre de pays se prononçaient immédiatement contre cette sécession, dont la Russie et la Chine, de même que quelques pays
européens, comme la Grèce ou l’Espagne ; 
– au plan régional, avec l’opposition absolue de la Serbie au nom de sa souveraineté territoriale. Cette sécession était donc aussitôt dénoncée comme illégale par les autorités de Belgrade, qui se lançaient dans un long combat diplomatico-juridique contre ce nouveau « pseudo-État2 » ;




. ......................à suivre

 top

Amaël Cattaruzza


Le Kosovo et le rôle du facteur démographique sur les évolutions géopolitiques

Le parlement du Kosovo a déclaré unilatéralement son indépendance en février 2008, neuf ans après la guerre entre l’OTAN et la Serbie, qui avait mis fin de facto au contrôle serbe sur la province1. Pour comprendre comment la situation géopolitique a ainsi évolué, inscrivons-nous dans une démarche de démographie politique, discipline inventée par Gérard-François Dumont2, et, plus précisément, examinons comment s’exercent les lois de la géopolitique des populations dont le professeur à la Sorbonne a fait la démonstration et proposé la formulation théorique. Cet article vise à montrer comment la démographie a joué un rôle dans l’évolution politique du Kosovo, en concourant à modifier sensiblement le rapport
de force entre les différentes populations qui le composent.

L’existence, sur le site Internet de l’Institut statistique du Kosovo, de données statistiques rétrospectives concernant son évolution démographique3 permet de disposer de chiffres relativement fiables pour conduire une analyse précise.


 ......................à suivre

 top

 

 

Laurent Chalard


Bosnie : une indépendance justifiée ?

La Bosnie-Herzégovine (« Bosnie »), un pays souverain aujourd’hui composé de trois nations constitutives (Serbes, Croates et Bosniaques1), constituait l’une des républiques de la République socialiste fédérative de Yougoslavie
(« Yougoslavie ») jusqu’en 1992. Elle déclara son indépendance le 3 mars 1992 à la suite d’un référendum au cours duquel 63 % de l’électorat vota en faveur de l’indépendance. Ce référendum fut organisé en dépit des objections des représentants serbes du Parlement bosnien et fut boycotté par la majorité de la population serbe de Bosnie.

Le désaccord entre les Serbes, d’un côté, et les Bosniaques et Croates, de l’autre, sur le maintien de la Bosnie dans le giron de la Yougoslavie s’était déjà exprimé en octobre 1991 lorsque le parlement bosnien avait voté en faveur de l’indépendance de la Bosnie. Malgré la règle du consensus, ce vote avait été obtenu sans le soutien des représentants serbes.


 ......................à suivre

 top

 

 

 

Laurence Robin-Hunter


À propos des conflits post-yougoslaves :
rencontre de l’éthique et de la géopolitique

Les conflits balkaniques de la fin du xxe et du début du xxie siècle, parfois appelés « Troisième Guerre balkanique »1, constituent un cas saisissant d’intrication des questions raciales, religieuses, historiques2, en un mot socioculturelles, caractéristiques des peuples et des intérêts économiques et stratégiques, préoccupations des nations. Si l’on y ajoute les jugements moraux émis de toute part, cette intrication devient une véritable confusion des genres.

Il nous faut avant tout nous remémorer brièvement le déroulement des faits et décrire les principaux conflits qui se sont chevauchés dans les Balkans en cette fin de siècle non sans interférer entre eux.

Il est recommandé pour éclairer le déroulement des conflits de consulter une carte montrant clairement le théâtre des opérations telle que celle que l’on trouve sur le site:

http://www.atlas-historique.net/1989-aujourdhui/cartes/Yougoslavie2002.html


 ......................à suivre

 top

 

 

 

Jean-Marc Dethoor


Le retour de la Russie sur la scène balkanique

Pour bien comprendre les méandres de la géostratégie russe dans les Balkans, il convient de la replacer dans un cadre plus vaste, à savoir les grandes lignes de cette géostratégie face aux attaques incessantes de la super-puissance américaine.

Dans son célèbre ouvrage Le Grand Échiquier, paru en 1997 – à l’époque de l’« abaissement de la Russie » – Zbigniev Brzezinski, polonais naturalisé américain, ancien conseiller du président à l’époque de Jimmy Carter, proposait froidement que, afin de perpétuer la maîtrise du monde par les États-Unis, et pour que ceux-ci soient débarrassés une fois pour toutes de la menace russe sur le continent eurasiatique, la Russie soit démantelée en trois parties, européenne, asiatique et centrale, et qu’un couloir direct Ouest-Est soit ouvert via la péninsule Balkanique, le Caucase et le Turkestan, afin d’accéder aux richesses énergétiques des pays de l’Asie centrale, rebaptisés « Balkans eurasiens » par Brzezinski.

 

 

 ......................à suivre

 top


 

 

Gilles TROUDE


La stratégie chinoise dans le monde : le cas des Balkans

« L’objectif de la stratégie militaire est de contraindre l’ennemi à abandonner la lutte, y compris sans combat, grâce à la ruse, l’espionnage et une grande mobilité. Il s’agit donc de s’adapter à la stratégie de l’adversaire, pour s’assurer la victoire à moindre coût. » L’Art de la guerre (Sun Tzu Bingfa), par le général Sun Tzu (544-496 av J.-C.)

L’analyse de la stratégie de Pékin dans les pays de l’Europe du Sud-Est ne saurait se comprendre sans un rappel allusif aux spécificités mentales chères aux
dirigeants et stratèges de la RPC.

LE JEU DE GO : Mobilité et complexité de la stratégie chinoise

À l’instar de L’Art de la guerre du général Sun Tzu, la stratégie de Pékin suit les règles du fameux jeu de go et se caractérise par la souplesse dans le mouvement, la
ruse, la patience et surtout la rapidité dans l’exécution. Les dirigeants de la RPC collent à la stratégie occidentale, surtout américaine, en épousent chaque mouvement
et avancent ou reculent en fonction du rapport de force existant à un moment donné, appliquant strictement la fameuse dialectique de « combat et négociation/
négociation et combat » (dada, damdam).


 ......................à suivre

 top

 

 

 

Jacques NGUYEN Thai Son


 

Les services de renseignements et les problèmes de sécurité dans les pays balkaniques

Géographiquement, les Balkans regroupent la Bulgarie, la Grèce, l’Albanie, la majeure partie de l’ex-Yougoslavie et la Turquie d’Europe.

De leur côté, les historiens et les spécialistes de la science politique, tout en y ajoutant la Roumanie, insistent sur le fait que la situation est très complexe dans cette région et cela depuis des siècles, de l’Empire ottoman à la crise du Kosovo, sans oublier l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo et le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

À noter, à ce sujet, que la France et l’Allemagne viennent de s’opposer à l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen à cause de la nécessité des
contrôles frontaliers.

Il paraît utile de faire les analyses dans les différents pays, avec une étude sur l’insécurité qui y règne et les moyens qui sont utilisés pour une lutte difficile.

On peut essayer d’étudier rapidement trois types de dangers : les subversions ethniques et religieuses, les mafias et les trafics d’êtres humains. Face à cela, il y a les
services de renseignements avec leurs structures et leurs rôles.


 ......................à suivre

 top

 

 

 

Roger TEBIB

 
 

 
 

Balkans : une route, une « zone grise », le crime

Rendons hommage à la solidité et à la résistance (on dirait « résilience » en jargon du jour) des entités criminelles. Voici plus de quarante ans que la « route des
Balkans » existe. Or souvenons-nous des péripéties de l’histoire mondiale – et notamment de l’histoire de l’Europe du Sud-Est – depuis les années 1970 : effondrement de
l’une des deux superpuissances, puis abolition de l’ordre mondial bipolaire, vagues de terrorisme, éclatement de la Yougoslavie, guerres subséquentes. Au total, disparition
de l’ordre et de la stabilité dans la région, dérive vers le chaos ; le tout suivi d’une accalmie certes durable, mais dont rien n’assure aujourd’hui qu’elle est définitive.

L’increvable « route des Balkans »

Or, pour l’essentiel, la « route des Balkans1 » fonctionne aujourd’hui comme hier, sans avoir jamais pu être coupée, ni même durablement handicapée.


 ......................à suivre

 top

 

 

 

Xavier Raufer

 
 

 
 

Le Néosoldat

« Les huit ou dix mille hommes perdus sont au souverain comme une monnaie dont il achète une place ou une victoire : s’il fait qu’il lui en coûte moins, s’il épargne les hommes, il ressemble à celui qui marchande et qui
connaît mieux qu’un autre le prix de l’argent. »

(La Bruyère, Caractères, X, 25).

Ainsi La Bruyère, gentilhomme en l’hôtel du Grand Condé, le vainqueur de Rocroy, évaluait le coût d’une bataille. Clausewitz renchérit : la guerre s’apparente à un commerce : par destruction immédiate de richesses, le combat
réalise une traite sur l’adversaire et celui qui estime avoir perdu le plus par rapport à sa capacité de reconstitution préfère s’avouer vaincu : passer à la caisse. D’où en pratique, conclut Engels (Lettre à Marx, 1857), l’inéluctabilité non de telle guerre, mais de la perpétuation du phénomène « guerre » où le soldat n’est qu’une monnaie d’échange par sa valeur aux deux sens du terme : il est un symbole à honorer et une ressource à économiser.

Dans la dialectique de l’armée que théorise le général hégélien von Willisen (Théorie de la grande guerre, 1840), « l’armée est un ventre », par sa fonction de conservation du corps social par lui-même, et par nature car, non productrice, elle est consommatrice. D’où son action stratégiquement défensive, tactiquement offensive. La fonction des armées consiste essentiellement dans le fait qu’elles assurent la sauvegarde contre une attaque « sans provoquer de suicide » (Liddell Hart, Deterrent or Defense, 1966, p. 77). 


 ......................à suivre

 top

 

 

 

Jean-Paul CHARNAY

 
 

 
 

Entretien avec Milos Jovanovic1
Propos recueillis par Xavier Moreau (Moscou)

Géostratégiques : L’image pro-occidentale du gouvernement de Boris Tadic pourrait faire croire que la Serbie est désormais gérée sur des standards européens,
pourtant les contestations se multiplient sur l’ensemble du pays. Le gouvernement actuel subit-il une crise de légitimité ?

Milos Jovanovic : C’est exactement ce dont il s’agit –une crise de légitimité. L’économie serbe est aujourd’hui exsangue. Quatre cent mille personnes ont perdu leur emploi. Le salaire moyen a baissé de 100 euros. L’inflation est à deux chiffres. Vingt-huit mille entreprises sont sorties du système de la TVA en raison de la baisse de leur chiffre d’affaire tandis que vingt mille autres sont en faillite. La dette publique du pays ne cesse de croître et elle atteint désormais 42% du PIB. Or, c’est essentiellement sur des promesses liées à l’amélioration de la situation économique du pays et sur l’intégration européenne de la Serbie que le parti démocrate, qui se
trouve à la tête de la coalition actuellement au pouvoir, avait remporté la majorité relative aux élections de 2008. Ce gouvernement s’est tout simplement montré
incapable de tenir ses promesses et plus généralement, de mener une politique économique et industrielle viable.


 ......................à suivre

 top

 

 

 
 

 
   

 

 
 

 
 

PARUTION / PUBLICATION

THE THREE IRANIAN ISLANDS OF THE PERSIAN GULF
Based on documents and historical evidences

Focusing on the historical documents on the Persian Gulf, the Three Iranian Islands in the Persian Gulf argue that question of these three Islands must be analysed on a historical perspective. From 1907, Iran’s Central Government insisted on its sovereignty over the three Islands. When Britain announced its withdrawal from the east of Suez and the Persian Gulf region in 1971, thereby terminating its agreements and connections with the sheikhdoms of the Persian Gulf, Iran seized the opportunity to initiate talks with Britain to regain sovereignty of the three Islands after 80 years. The Persian Gulf Arab states still tend to cling to the indefensible quarrel over the three Iranian islands by inclining towards foreign powers even as far as inviting them into the region. However, they express their fear of Persian domination. As a historical fact, Iran never attempted to invade or attack any of its neighbours over the past three hundred years. Through an exploration of the dynamics of negotiation and Nation-state bulding in the Persian Gulf, this illuminating book sets out to uncover the true significance of the historical issues at stake.

A book of 283 pages with 112 maps (historical cartography) Published by: INSTITUT INTERNATIONAL D’ETUDES STRATEGIQUES WITH THE COLLABORATION OF THE PERSIAN GULF STUDIES INSTITUTE ( P.G.S.I.)

Prix : 30 Euros