Académie de Géopolitique de Paris
ISSN 1963-0867X

Est déclarée auprès du rectorat de Paris, Établissement privé d’enseignement supérieur, régi par
la loi (Art. L.731-2, L.731-3 et L.731-4 du code de l’Éducation), et conformément à l’article L 613-1,
elle est habilitée à décerner les diplômes d’enseignement suivants : le Diplôme de 3ème cycle en
Études Géopolitiques et Géostratégiques ainsi que le Diplôme académique supérieur en Études
Géopolitiques et Géostratégiques (Ph.D). Pour plus d’informations, veuillez consulter
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Ecole Supérieure de Géopolitique de Paris

Institut International d’Etudes Stratégiques
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Quatrième semestre  2010

Le Conseil d’Administration:

Ali Rastbeen : Président

Recteur Gérard-François Dumont : Vice-Président

Christophe Réveillard : Secrétaire Général

André Pertuzio : Administrateur, Trésorier 

Géostratégiques

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Jean-Paul BLED
Université Paris IV Sorbonne

Jean-Paul CHARNAY
Directeur de Recherches au CNRS et président à la Sorbon
ne
Centre de la philosophie de la stratégie

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chercheur associé au CNRS, Département Monde Iranien

Recteur Jean-Pierre DOUMENGE
CNRS – Université de Montpellier


François-Georges DREYFUS
université de Paris iV sorbonne

Recteur Gérard-François DUMONT
Université Paris-IV Sorbonne

Hall GARDNER
Université américaine de Paris

Fereydoun A. KHAVAND
Université Paris-V

Yves LACOSTE
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le Général (cr) Henri PARIS,
Président de DÉMOCRATIES

COMITÉ DE RÉDACTION :

Christophe RÉVEILLARD
Université Paris IV Sorbonne - Collège interarmées de Défense

Roger TEBIB
Centre d’études de Défense et de Sécurité civile

Mohamed TROUDI
Chercheur à l’Université Paris XII – Val de Marne


CARTOGRAPHIE


Philippe TORRES
Professeur de relations internationales 

CORRESPONDANTS ETRANGERS

Khaled BATARFI
Journaliste –Ecrivain
Djedda –Arabie Saoudite

Abdelhamid BESSAA
Enseignant – Chercheur en Relations Internationales
Institut des Sciences Politiques et des Relations Internationales
Université d’Alger – Algérie

Pieter FOURIE
Enseignant –Chercheur en Etudes Politiques et de Gouvernance
Université de Johannesburg - Johannesburg - Afrique du Sud

Houshang Hassan-Yari
Professeur et Adjoint spécial du Recteur du Collège militaire royal
du Canada pour liaison nationale et internationale - Ontario - Canada

Rasheed KHALID
Professeur de Relations Internationales et d’Etudes Stratégiques
Université Quaid-i-Azam - Islamabad - Pakistan

Ahmed Naghibzadeh
Professeur de Sciences Politiques
Université de Téhéran - Téhéran -Iran

Nathalie OUVAROFF
Journaliste- Reporter
Moscou - Russie

Oliver SCHULZ
Chercheur en Histoire contemporaine
Université de Heinrich Heine - Düsseldorf -Allemagne

DIRECTEUR TECHNIQUE :

M. FERDOSI

RELATIONS Internationales : 
Kouros FARAZIAN
farazian@strategicsinternational.fr


DIRECTEUR DE PUBLICATION:
Ali RASTBEEN

 


Géostratégiques N° 30
LA TURQUIE,
OCCIDENT OU ORIENT?
 
 

Prix : 20 Euros 

EDITORIAL : OCCIDENT OU ORIENT ?
 

Osman Ier, fondateur de l’Empire ottoman en 1299, l’alliance du Lys et du Croissant sous François Ier, la prise de Constantinople (1453), le siège de Vienne, l’apogée de l’Empire turc à la mort de Soliman le Magnifique (1566), les fastes de la Sublime Porte, l’homme malade de l’Europe, le kémalisme, le traité de Sèvres sont autant de mots, de concepts, de formules, de clichés qui hantent encore l’imaginaire des Français. Mais nous sommes bien loin, hélas, du xixe siècle, lorsque l’université de Galatasaray attirait les élites balkaniques et que la presse turque (écrite en français) faisait la différence entre ce qui était traditionnel, à la Turquie, et ce qui était moderne, à la franca.

De fait, l’ancienne deuxième Rome, Byzance, devenue Constantinople puis Istanbul, n’est pas simplement une destination touristique avec la Corne d’or, Topkapi, Sainte-Sophie. C’est aujourd’hui une ville de plus de 13 millions d’habitants, située au carrefour de l’Europe et de l’Asie, qui domine de loin par ses activités multiples la capitale officielle de la Turquie postkémaliste : Ankara. Cette dernière, bâtie sur les sables du désert, trop récente pour être attrayante, compte moins de 4 millions  d’habitants. Symbole d’un réancrage asiatique qu’avait voulu Atatürk, elle est aujourd’hui le centre de gestion politique d’un pays euro-asiatique de quelque 783 562 km2, dont on sait qu’il a posé en 2005 sa candidature à l’entrée
dans l’Union européenne.


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Pr. Jacques BARRAT

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Geostrategiques
4éme Semestre 2010 - N° 30

LA TURQUIE,OCCIDENT OU ORIENT?

Geostrategiques
Octobre 2010 - N° 29

Où va l'Amérique de Barack Obama?

Geostrategiques
Juillet 2010 - N° 28

La réémergence de l'Asie centrale

Geostrategiques
Avril 2010 - N° 27

Géopolitiques d'Afghanistan

Geostrategiques
Janvier 2010 - N° 26

Géopolitiques Japonaises 

Geostrategiques
Octobre 2009 - N° 25

L'Afrique Subsaharienne 

Geostrategiques
Juillet 2009 - N° 24

La Géostratégie de la Russie 

Geostrategiques
Mai 2009 - N° 23

Les enjeux géostratégiques entre les États-Unis et l’Iran 

Geostrategiques
Janvier 2009 - N° 22

le géostrategie des crises au  "Grand Moyen Orient" 

Geostrategiques
November 2008 - N° 21
Quelle Union pour la Méditerranée?

Geostrategiques
Juillet 2008 - N° 20

Les Crises en Europe

Geostrategiques
Avril 2008 - N° 19
L'avenir géostratégique de la puissance indienne

Geostrategiques
Dectembre 2007 - N° 18
La crise iranienne : 
mythe ou réalité?

Geostrategiques
Septembre 2007 - N° 17
La Chine

Geostrategiques
Avril 2007 - N° 16
Les O.N.G.

Geostrategiques
Janvier 2007 - N° 15
L'Europe et les crises au Moyen-Orient

Geostrategiques
15 novembre 2006 - N°14

Quels avenirs pour l'ONU?

Geostrategiques
Juillet 2006 - N°13
La Géosociologie de L'Asie occidentale

Geostrategiques
Avril 2006 - N°12

Asie centrale du sud

Geostrategiques
Février 2006 - N°11

Amérique Latine

Geostrategiques
Février 2006 - N° 10

IRAN

Geostrategiques
Octobre 2005 - N° 9

MOYEN-ORIENT

Geostrategiques 
Juillet 2005 - N°8

la Politique des Etats de l’Europe et de la Russie au Moyen-Orient

Geostrategiques 
Avril 2005 - N°7

IRAK

Geostrategiques 
Janvier 2005 - N°6

Quel avenir pour le Moyen Orient ?


LA PLACE DE LA TURQUIE DANS LE MONDE


La première décennie du XXIe siècle a été marquée par des bouleversements notoires en Occident. Leurs effets peuvent être observés à travers les modifications stratégiques survenues en Turquie au plan interne, et leurs implications dans le domaine international.

Après la désintégration du bloc de l’Est, il était évident que des changements surviendraient au sein de la coalition occidentale. L’avènement des Etats-Unis, en tant que puissance absolue dans le monde, et les programmes stratégiques, visant à faire passer les territoires du bloc de l’Est du côté de l’Ouest, ont défi ni le sens de ces changements. L’étape suivante du projet américain avait été la préparation du chemin vers l’Asie et l’Afrique en vue d’atteindre des objectifs planifiés allant jusqu’à l’élimination de la Russie et de la Chine. Dans ce programme, le Moyen-Orient occupait la place de l’Europe après la Guerre mondiale.
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  Ali RASTBEEN


LA TURQUIE ET L’UNION EUROPÉENNE : INTÉGRATION, DIVERGENCE OU COMPLÉMENTARITÉ ?


La Turquie est membre du Conseil de l’Europe depuis 1950, membre de l’OTAN depuis 1953, associée à l’Union douanière de l’Union européenne depuis 1963, candidate à cette Union depuis 1987, et candidat officiellement reconnu, et bénéficiant en conséquence des avantages de ce statut, à l’Union européenne depuis le 3 octobre 2005. Toutefois, plusieurs années après cette dernière date, la question
de sa pleine intégration à l’Union européenne reste ouverte. En effet, avec les précédents pays candidats, jamais les négociations d’adhésion n’ont autant piétiné. La question des relations entre la Turquie et l’Union européenne mérite donc une analyse approfondie. Dans ce dessein, il convient d’abord d’étudier les caractéristiques et les perspectives géodémographiques des deux entités, sachant l’importance de tels paramètres pour la connaissance géopolitique2. La spécificité de l’évolution des relations entre la Turquie et l’Union européenne doit ensuite être examinée. Enfin, il
conviendra de réfl échir aux logiques géopolitiques possibles dont l’analyse devrait permettre de réfl échir, voire de répondre aux trois termes énoncés : intégration, complémentarité ou divergence.

Un territoire remarquable La Turquie, avec un territoire de 784 milliers de kilomètres carrés3, peut apparaître a priori dans une situation seconde. En effet, cette superficie dont elle dispose ne la place qu’au trente-cinquième rang dans le monde, notamment derrière six pays disposant de plus de 5 millions de kilomètres carrés, huit pays disposant de 2 à 5 millions de kilomètres carrés, comme l’Inde ou l’Argentine, de quinze pays comptant entre 1 et 2 millions de kilomètres carrés, comme le Mexique, l’Indonésie ou l’Iran.



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Recteur Gérard-François DUMONT


L’HÉRITAGE KÉMALISTE DANS LA TURQUIE DE 2011

La Turquie, le pays le plus peuplé du Proche-Orient, avec 73 millions d’habitants, musulmans à 98 %, représentait et représente encore dans la zone, comme au Moyen-Orient, un îlot original, tant par son régime politique, une république se voulant démocratique et laïque, que par son appartenance à l’OTAN. La Turquie doit ce système politique et social à Mustafa Kemal, qui l’installe au lendemain de la Première Guerre mondiale. Quant à l’appartenance à l’OTAN depuis 1952, elle découle très logiquement du système sociopolitique et de la proximité
du bloc soviétique en son temps.


La Turquie a fait de son entrée dans l’Union européenne un pôle majeur de sa politique extérieure et est, sous cet angle, fidèle au legs kémaliste. Cependant, le xxe siècle finissant et la première décennie du xxie siècle marquent
un recul progressif de la laïcité, avec un progrès correspondant de l’islam dans la vie sociale et politique du pays. Pourquoi cette tendance, alors que le système
instauré par Mustafa Kemal avait été implanté à demeure ? Jusqu’où ira-t-elle ? Jusqu’à l’abandon de l’héritage de Mustafa Kemal ? Allant au-delà, la Turquie va-telle
rompre avec le clan occidental ? quitter l’OTAN ?


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Général (cr) Henri PARIS


LA TURQUIE, CHÂTEAU D’EAU ET COULOIR PÉTROLIER

La Turquie est fréquemment à l’ordre du jour de nos médias, et plusieurs ouvrages sont consacrés à ce pays et à son évolution récente : on y relève que la Turquie a tendance à redevenir ottomane alors que le système laïc et occidental mis en place par Kemal Atatürk s’effrite de manière inexorable.

Cette évolution fait d’autant plus l’objet de l’attention internationale que la Turquie joue un rôle géopolitique et géostratégique éminent dans le monde d’aujourd’hui. À dire vrai, ce rôle a toujours été capital : péninsule située à l’extrémité du continent asiatique, la Turquie s’enfonce vers l’Europe entre deux mers, l’une dont elle verrouille l’accès, empêchant la Russie de déboucher sur la Méditerranée,
l’autre lui donnant accès aux littoraux d’Europe et d’Afrique, où, des siècles durant, ce pays aux rudes guerriers porta l’étendard de Mahomet dans tout ce pourtour. La force militaire turque a, aujourd’hui encore, permis à ce pays de jouer un rôle stratégique essentiel, notamment pour les États-Unis à travers l’OTAN. Mais si cette importance n’échappe à personne, il est un autre aspect de la Turquie qui prend de plus en plus de relief dans le monde d’aujourd’hui, c’est sa situation géographique, qui en fait le château d’eau majeur du Proche-Orient et du Moyen-Orient, et un couloir énergétique privilégié pour les communications pétrolières et gazières dans les sens nord-sud et est-ouest. Elle joue aussi un rôle charnière dans le grand jeu politique de cette région clé.

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Claude DUVAL 

 André PERTUZIO

 


À LA RECHERCHE DE L’INTROUVABLE ARRIÈRE-PAYS GÉOPOLITIQUE

Mustapha Kemal Atatürk, le fondateur de la Turquie républicaine et moderne, avait coutume de répéter que le drame géopolitique de son pays était sa situation géographique : trop à l’ouest pour être considéré comme un pays asiatique, et trop à l’est pour être accepté comme un des leurs par les États européens. Cette constatation de pur bon sens a été historiquement aggravée par les circonstances de la fi n de l’Empire ottoman, contemporaine de la Première Guerre mondiale. En faisant le choix de s’allier aux puissances d’Europe centrale, le gouvernement
de Constantinople1 espérait préserver le peu qu’il lui restait d’influence dans les Balkans, en même temps qu’il contrait une nouvelle fois son ennemi traditionnel russe. Il fut puni de ce choix par le traité de Sèvres, particulièrement sévère à l’égard du vacillant Empire. Non seulement celui-ci fut amputé de multiples territoires et se trouva désormais confi né dans les limites du rectangle anatolien ; mais encore
fut-il privé de toute échappatoire géopolitique. Les rivages de l’Égée lui furent confisqués au profit de la Grèce, la création d’une Arménie indépendante et le projet d’un Kurdistan lui aussi souverain le coupèrent du Proche-Orient, et une large zone démilitarisée tout autour du Bosphore et du pourtour de la mer de Marmara l’isolèrent du continent européen. C’en était trop pour les nationalistes turcs, de plus en plus critiques envers la soumission du sultan Mehmet VI visà-vis des puissances victorieuses de la guerre. Rassemblés autour de Mustapha Kemal, ils réussirent bientôt à abolir définitivement le sultanat et à renégocier une part significative des clauses du traité de Sèvres, rendu définitivement caduc par l’évolution des rapports de force militaires sur le terrain.
 
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Patrick DOMBROWSKY



LES PROBLÈMES DE SÉCURITÉ EN TURQUIE


Depuis l’éclatement de l’URSS, la Turquie dispose, en général, de trois options :
• privilégier un panturquisme avec une extension vers quatre républiques de l’ex-URSS qui sont turcophones, notamment l’Azerbaïdjan et l’Ouzbékistan ;
• entrer dans l’Union européenne avec des ambitions économiques et démographiques ; 
• renforcer la solidarité islamique, vivement opposée à l’esprit kémaliste de beaucoup de dirigeants.

Le dosage de ces trois courants est variable selon les diverses couches de la société. Pour être complet, il faut citer l’incidence de l’appartenance de la Turquie à l’OTAN et le rôle de l’armée. Celle-ci, héritière privilégiée d’Atatürk, est le rempart d’une sorte de « laïcité » contre les courants islamistes.

De plus, l’implosion de l’URSS a quelque peu diminué l’intérêt du bastion turc pour les Occidentaux.
D’autre part, l’influence américaine sur l’armée n’est pas étrangère aux accords de coopération militaire passés entre la Turquie et Israël, qui sont une façon de prendre en tenailles la Syrie, principal adversaire de l’État juif. On imagine la tension que cet accord provoque en Turquie dans les milieux islamistes.

Enfi n, l’absence de solution politique au problème kurde n’arrange rien.



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Roger TEBIB


LA TURQUIE ET L’AFGHANISTAN

Les relations entre la Turquie et l’Afghanistan ont toujours un caractère exemplaire dans la région, alors que les deux pays ne sont pas des voisins immédiats, ne partagent pas la même histoire, ne font pas partie des mêmes alliances,
n‘ont pas connu les mêmes régimes politiques et n’ont pas des niveaux de développement comparables. L’Iran fait bien écran entre la Turquie et l’Afghanistan, et est culturellement plus proche de celui-ci, même si la communauté turcophone est très importante, dans le Nord du pays. Les deux pays n’ont pas la même interprétation
de l’islam qu’ils partagent : la laïcité, même ébranlée, d’un côté, la religion d’État de l’autre. La Turquie fait partie, de façon constante, des alliances occidentales, tel le Pacte atlantique ; ce qui n’est pas le cas de l’Afghanistan, même si sa sécurité est aujourd’hui dans les mains de l’OTAN. La seule organisation régionale dans laquelle les deux pays se retrouvent, c’est l’ECO1. La Turquie a connu des régimes
militaires, comme des régimes démocratiques, sans jamais avoir été confrontée à un régime communiste, alors que l’Afghanistan naviguait entre des régimes autoritaires,
dictatoriaux et des démocraties éphémères et non viables. Enfin, la Turquie, faisant partie de l’Union douanière avec l’Union européenne et candidate à y adhérer, membre de l’Union ressuscitée pour la Méditerranée, est économiquement un pays émergent ; l’Afghanistan a du mal à se reconstruire, comme pays post-conflit, sans littoral maritime, figurant parmi les PMA2.

Comme l’Inde, la Turquie a su conserver des relations de proximité, de coopération, voire d’amitié durable avec l’Afghanistan, sans aucun contentieux important entre les deux pays. Depuis décembre 2001, la Turquie participe activement à la sécurité et à la lutte antiterroriste, à la stabilisation politique et institutionnelle, et à la reconstruction économique et sociale de l’Afghanistan


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Zalmaï HAQUANI


LES OTTOMANS DANS LES BALKANS (XIIIE AU XXE  SIÈCLE)

Quand on envisage la géopolitique du monde balkanique, il ne faut pas négliger que, de 1350 jusqu’en 1912, une partie plus ou moins importante des Balkans a été occupée et administrée par les Turcs.

L’occupation turque a entraîné des conséquences religieuses, sociales et linguistiques que l’on oublie trop souvent quand on parle de cette région. Au milieu du xive siècle, les populations balkaniques sont chrétiennes et rattachées pour leur grande majorité au patriarche de Constantinople. Elles vont subir une islamisation plus ou moins importante, à laquelle succomberont Albanais et Bosniaques, à laquelle résisteront Bulgares, Grecs, Romains et Serbes.

La « turquisation » a des conséquences linguistiques et explique la persistance de la langue turque dans un certain nombre de régions. Toutefois l’élément le plus important est lié à la conversion à l’islam.

Ces Balkaniques étaient à l’origine chrétiens, et la résistance aux Turcs et à l’islam renforce le poids des autorités ecclésiastiques locales, en particulier dans les
communautés orthodoxes : mélopolites et patriarches deviennent les dirigeants naturels des communautés non islamisées ; dès lors, ils vont jouer un rôle de plus
en plus important, qui demeure encore aujourd’hui. Mais le pouvoir des prélats orthodoxes est parfois mis en cause par les autorités musulmanes et surtout par nombre de seigneurs demeurés catholiques. C’est à cette époque que naissent les conflits interreligieux de la Bosnie actuelle.

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Professeur F. G. DREYFUS



LA TURQUIE ET LE MONDE ARABE AU TRAVERS DE L’EXEMPLE SYRIEN

Turcs et Arabes, tous en majorité des musulmans sunnites, ont en commun de nombreux traits culturels, mais ils divergent sur beaucoup d’autres, ce qui rend leurs relations aujourd’hui à la fois empreintes de paradoxes et d’ambiguïté. Le passé ottoman, la différence linguistique, les nationalismes arabe et turc, la vocation européenne, la question kurde, les rapports turco-israéliens ont été
autant de thèmes qui ont éloigné ou rassemblé les Turcs et les Arabes. À l’heure où les conflits israélo-palestinien et israélo-arabe s’enlisent et où la solution politique, celle de deux États, s’éloigne chaque jour un peu plus, la solidarité
qu’exprime aujourd’hui la diplomatie turque envers la cause palestinienne n’empêche pas dans le fond l’expression de sentiments contradictoires, voire de méfiance réciproque entre les deux entités turque et arabe. Dès lors, l’objectif de ce travail est de décortiquer l’état des différences politiques et historiques, mais également les points de rencontre entre Turcs et Arabes au travers de l’analyse de l’exemple des relations turco-syriennes.

Il est frappant de constater que, durant des décennies, une profonde méfiance a caractérisé les relations difficiles entre la République turque et les pays arabes. Nombre de paramètres historiques expliquent cette situation qui peu à peu change aujourd’hui, notamment avec le réchauffement des relations turco-syriennes particulièrement et avec les pays du Maghreb plus globalement. La défaite puis le
démembrement de l’Empire ottoman et la guerre de libération qui s’est ensuivie, menée et gagnée par le réformateur et père de la Turquie actuelle, Moustafa Kemal
Atatürk, et la proclamation de la République turque moderne et laïque ont été autant de facteurs qui expliquent du côté arabe comme du côté turc la méfi ance, pour ne pas dire la haine qui va désormais s’instaurer entre les deux nations.




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Mohammed Fadhel TROUDI


LES RELATIONS TURCO-IRANIENNES : UN MARIAGE DE RAISON

Les relations entre Ankara et Téhéran sont pour l’essentiel dictées par la conjoncture. Déçue de l’intransigeance de l’Union européenne vis-à-vis de son admission comme membre, la Turquie cherche une place sous le soleil du Moyen-Orient en se tournant vers le Sud. De son côté, la République islamique utilise la Turquie pour alléger la pression écrasante de son isolement international.
Avant la réduction de leurs territoires aux frontières actuelles, l’Iran de l’Empire perse et la Turquie des Ottomans avaient dominé le Moyen-Orient pendant des
siècles. Les relations entre les deux puissances ont donc été pleines de soubresauts. Le déclin et la disparition des empires dominants ont conduit à la stabilisation des
frontières internationales et à l’avènement d’une certaine normalité dans les relations bilatérales.

En Turquie, désormais laïque et moderne, avec une ferme volonté de se départir de son héritage islamique et de se tourner vers l’Ouest, la république a vu le jour. Entre 1923 et 1996, tous les gouvernements installés à Ankara ont cherché à préserver le caractère laïc de l’État en réprimant les manifestations externes de la religiosité de la société. L’étonnante prise du pouvoir par le parti islamique Refah1
a fait reculer des décennies d’efforts séculiers des militaires et des partis politiques prometteurs de laïcité kémaliste.

L’intérim des gouvernements de droite2 et de gauche3 n’a que momentanément éloigné les islamistes du pouvoir. Le Parti de la justice et du développement4 du duo Recep Tayyip Erdoğan-Abdullah Gül est au pouvoir depuis novembre 2002. Il a introduit des réformes politiques qui changent graduellement les rapports entre les militaires et les politiques. Outre la stabilité politique, les islamistes ont réussi à projeter une image positive de leur pays sur la scène internationale, notamment au Moyen-Orient.



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Houshang HASSAN-YARI


LA DÉMOCRATIE ISLAMISÉE OU LE PARADOXE TURC À PROPOS DE L’ADIEU À MOUSTAPHA KEMAL


Occidentalisation et retour à l’islam : la Turquie est exactement ce que l’islam appliqué à la démocratie peut illustrer. Contre l’État religieux sécularisé sous Moustapha Kemal, l’on voit depuis progressivement s’imposer l’islam contre la laïcité, la démocratie contre l’autoritarisme et le peuple contre l’élite kémaliste. C’est en tout cas la thèse excessivement brillante et remarquablement développée par
Tancrède Josseran tout au long de son dernier ouvrage, La Nouvelle Puissance turque. L’adieu à Moustapha Kemal1. Diplômé de l’université Paris-Sorbonne (Paris 4), spécialiste
de la Turquie et directeur de l’Observatoire du monde turc et des relations euro-turques, de la lettre Sentinel Analyses et Solutions, l’auteur livre une réfl exion inédite sur le processus postmoderne qui caractérise la Turquie contemporaine. Bien des pseudo-évidences et des a priori tombent d’eux-mêmes à la lecture de cet essai ayant percé à jour l’un des mystères géopolitiques actuels les plus opaques.

Un nouveau contrat social

La modernité de l’activisme islamique turc réside notamment dans l’assimilation et l’utilisation de principes de la démocratie occidentale ainsi que l’instrumentalisation
de la liberté religieuse et de la désuétude du rôle de l’État dans la mondialisation, à des fi ns de réislamisation radicale de la société turque et de l’affi rmation de sa puissance géostratégique à l’échelle régionale dans un premier temps.




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Christophe RÉVEILLARD


PARUTION / PUBLICATION

THE THREE IRANIAN ISLANDS OF THE PERSIAN GULF
Based on documents and historical evidences

Focusing on the historical documents on the Persian Gulf, the Three Iranian Islands in the Persian Gulf argue that question of these three Islands must be analysed on a historical perspective. From 1907, Iran’s Central Government insisted on its sovereignty over the three Islands. When Britain announced its withdrawal from the east of Suez and the Persian Gulf region in 1971, thereby terminating its agreements and connections with the sheikhdoms of the Persian Gulf, Iran seized the opportunity to initiate talks with Britain to regain sovereignty of the three Islands after 80 years. The Persian Gulf Arab states still tend to cling to the indefensible quarrel over the three Iranian islands by inclining towards foreign powers even as far as inviting them into the region. However, they express their fear of Persian domination. As a historical fact, Iran never attempted to invade or attack any of its neighbours over the past three hundred years. Through an exploration of the dynamics of negotiation and Nation-state bulding in the Persian Gulf, this illuminating book sets out to uncover the true significance of the historical issues at stake.

A book of 283 pages with 112 maps (historical cartography) Published by: INSTITUT INTERNATIONAL D’ETUDES STRATEGIQUES WITH THE COLLABORATION OF THE PERSIAN GULF STUDIES INSTITUTE ( P.G.S.I.)

Prix : 30 Euros