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Académie de Géopolitique de Paris
ISSN 1963-0867X Est déclarée auprès du rectorat de Paris, Établissement privé d’enseignement supérieur, régi par
la loi (Art. L.731-2, L.731-3 et L.731-4 du code de l’Éducation), et conformément à l’article L 613-1,
elle est habilitée à décerner les diplômes d’enseignement suivants : le Diplôme de 3ème cycle en
Études Géopolitiques et Géostratégiques ainsi que le Diplôme académique supérieur en Études
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Le
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Géostratégiques
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SCIENTIFIQUE :
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Université Paris IV Sorbonne
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Directeur de Recherches au CNRS et président à
la Sorbonne
Centre de la philosophie de la stratégie
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Recteur Jean-Pierre DOUMENGE
CNRS – Université de Montpellier
François-Georges DREYFUS
université de Paris iV sorbonne
Recteur Gérard-François DUMONT
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le Général (cr) Henri PARIS,
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Centre d’études de Défense et de Sécurité civile
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CARTOGRAPHIE
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Institut des Sciences Politiques et des Relations Internationales
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Professeur et Directeur du département
des Sciences Politique et Economique
Collège Royal du Canada - Ontario - Canada
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Professeur de Relations Internationales et d’Etudes Stratégiques
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Ahmed Naghibzadeh
Professeur de Sciences Politiques
Université de Téhéran - Téhéran -Iran
Nathalie OUVAROFF
Journaliste- Reporter
Moscou - Russie
Oliver SCHULZ
Chercheur en Histoire contemporaine
Université de Heinrich Heine - Düsseldorf -Allemagne
DIRECTEUR
TECHNIQUE :
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RELATION
PUBLIQUE :
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DIRECTEUR DE PUBLICATION :
Ali RASTBEEN
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Géostratégiques N° 24

La Géostratégie de la Russie
La Russie et La nouveLLe
stratégie de Obama
Le monde impatient a finalement connu, au cours de la première semaine
du mois d’avril, l’alignement politique du président Obama dans les différents domaines
économiques, politiques et militaires. M. Obama porte le lourd fardeau de
l’héritage laissé pendant les vingt années du pouvoir des néo-conservateurs dans
l’économie américaine et mondiale comme dans la politique nationale et
étrangère de son pays. Il a tenté du 1er au 5 avril, à Londres, Strasbourg, Baden-Baden et
Prague de rassurer les alliés politiques, militaires et économiques des Etats-Unis,
méfiants après les événements qui s’étaient déroulés durant les huit dernières années
du règne des néo-conservateurs à la Maison Blanche. Dans ce show, Obama a montré
qu’il possédait les capacités d’un homme exceptionnel. Cependant, sa réponse
propice aux attentes internationales est une autre paire de manche.
...................à suivre
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Ali RASTBEEN |
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Geostrategiques
Mai 2009 - N° 23 Les enjeux géostratégiques entre les États-Unis et l’Iran
Geostrategiques
Janvier 2009 - N° 22
le
géostrategie des crises au "Grand Moyen Orient"
Geostrategiques
November 2008 - N° 21
Quelle Union pour la Méditerranée?
Geostrategiques
Juillet 2008 - N° 20
Les Crises en Europe
Geostrategiques
Avril 2008 - N° 19
L'avenir géostratégique de la puissance indienne
Geostrategiques
Dectembre 2007 - N° 18
La crise iranienne :
mythe ou réalité?
Geostrategiques
Septembre 2007 - N° 17
La Chine
Geostrategiques
Avril 2007 - N° 16
Les O.N.G.
Geostrategiques
Janvier 2007 - N° 15
L'Europe et les crises au Moyen-Orient
Geostrategiques
15 novembre 2006 - N°14
Quels
avenirs pour l'ONU?
Geostrategiques
Juillet 2006 - N°13
La Géosociologie
de L'Asie occidentale
Geostrategiques
Avril 2006 - N°12
Asie centrale
du sud
Geostrategiques
Février 2006 - N°11
Amérique Latine
Geostrategiques
Février 2006 - N° 10
IRAN
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Octobre 2005 - N° 9
MOYEN-ORIENT
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Juillet 2005 - N°8
la Politique des Etats de l’Europe et de la Russie au Moyen-Orient
Geostrategiques
Avril 2005 - N°7
IRAK
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Plaidoyer pour une géopolitique de terrain :
le cas de la géopolitique de la Russie vue de ses périphéries
Tout l’art de la géographie consiste à enrichir la connaissance en recoupant
des analyses aux diverses échelles possibles. De même, la géopolitique d’un pays
peut mieux s’apprécier en l’examinant à partir de territoires variés. Certes, elle est le
plus fréquemment considérée à partir de son centre névralgique. Pourtant, elle peut
et doit aussi s’enrichir de l’examen du poids de ses différents territoires, de l’étude
de sa composition humaine, de la prise en compte du rôle de ses diasporas1…
L’approche proposée ici est double. D’une part, elle cherche à mieux comprendre
les paramètres de la géopolitique d’un pays, ici la Russie, à partir des États se trouvant
à sa périphérie. Certes, une telle approche est géographiquement vaste, puisque
quatorze pays ont aujourd’hui des frontières terrestres avec la Russie, de la Corée du
Nord à la Norvège, en passant par des États asiatiques, deux États du Sud-Caucase et
plusieurs États européens. À ces États s’ajoutent ceux avec lesquels la Russie partage
un même espace maritime : le Pacifique avec les États-Unis et le Japon, la mer Noire
avec notamment la Bulgarie. Il convient, en outre, d’ajouter des États qui se sont
trouvés pendant une durée significative sous la souveraineté de Moscou, comme
l’Arménie. Aussi, compte tenu du nombre élevé d’États périphériques de la Russie,
prétendre à l’exhaustivité serait présomptueux et nous ne traiterons ici que de certains
d’entre eux.
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le Recteur Gérard-François Dumont
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| Retour sur la présidence Eltsine Les débuts de la nouvelle diplomatie russe
Le 28 février 1993, Boris Eltsine évoque, devant les députés de l’Union
civique - une coalition de partis centristes, un groupe-charnière dont l’appui lui
est, alors, indispensable dans le combat parlementaire — le rôle de la Fédération
de Russie comme « gendarme régional » dans l’ancien espace soviétique : « Le moment
est venu pour que des organisations internationales responsables, y compris
l’ONU, confèrent à la Russie des pouvoirs spéciaux en tant que garante de la paix
et de la sécurité dans la région de l’ancienne Union (soviétique).» Le président
russe insiste: «La pratique montre que personne, à l’exception de la Russie, n’est
prêt à supporter le fardeau du maintien de la paix dans l’espace de l’ex-URSS. »
II déplore : « Le recours aux forces russes suscite cependant, jusqu’à présent, des
craintes dans certains pays. » Le 3 mars 1993, le gouvernement russe fait tenir aux
Nations Unies une note sur « les nouvelles réalités géopolitiques (de l’ex-URSS) »,
qui décrit l’émergence d’une « nouvelle génération de conflits », caractérisée par le
« nationalisme agressif» et des contradictions entre souveraineté étatique et droit à
l’autodétermination. En décembre 1993, le ministre des Affaires étrangères Andreï
Kozyrev présente la position russe à ses collègues des États membres de la csce,
qui lui opposent une sécurité collective centralisée aux mains « de l’ONU et de
son Conseil de sécurité » : « II n’appartient pas à tel ou tel pays de dire le droit
international ou de décider le maintien de la paix. » Le 28 janvier 1994, lors de sa
rencontre avec Jiang Zemin, secrétaire général du Para communiste chinois, le chef
de la diplomatie russe se veut plus incisif : « Ce que l’Occident dit sur le «néo-impérialisme
» russe est destiné à détourner les gens d’un problème réel qui est le suivant :
comment la Russie et les membres de la Communauté des États indépendants peuvent
maintenir la stabilité. »
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Charles ZORGBIBE
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La stratégie de la renaissance. Retour sur certaines évolutions de la situation géostratégique Russe
Lorsque l’on observe les évolutions récentes de la situation géostratégique
de la Russie, on est frappé du renversement d’ensemble dans lequel subsistent
évidemment des exceptions.
Au niveau international, la plus grande organisation géopolitique à l’échelle
mondiale est l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS)1, fondée le 26
avril 2001 afin de faire barrage à l’hégémonisme américain symbolisé un temps
par les « révolutions de couleurs »2. L’obtention du statut d’observateur à l’Assemblée
générale de l’ONU, en décembre 2004, a permis à d’affirmer son rôle « dans
l’approfondissement des processus d’intégration, de coopération et de sécurité
dans l’espace CEI et dans la grande région qui s’étend de la Baltique à l’Océan
Pacifique »3. L’OCS à tenu à Ekaterinbourg les 15 et 16 juin derniers, sa dernière
réunion des chefs des Etats membres de l’OCS dont font partie la Russie, la Chine,
le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan et dont la Mongolie,
le Pakistan, l’Iran et l’Inde ont le statut d’observateur. Or, c’est à cette réunion
que l’Organisation de Shangaï a, pour la première fois aussi précisément, évoqué
le projet d’une monnaie commune de règlement au sein de la zone couverte par
l’organisation. Dans le cadre des solutions structurelles à opposer à la crise financière
et économique mondiale, les pays dit « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine),
réunis en marge du sommet OCS, ont également évoqué l’idée de ne plus laisser au
seul dollar le statut de monnaie de réserve internationale et d’hégémonie en termes
d’échange (plus de 50 % toujours à l’heure actuelle), surtout en raison de la dégradation
vertigineuse des comptes américains (les twins deficits, la chute du crédit, un budget fédéral intenable) et l’émergence d’une multipolarité économique.
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à suivre
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Christophe Réveillard
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| la russie énergétique
Si André Siegfried disait en 1900 « L’ Angleterre est un bloc de charbon »,
on peut dire à juste titre aujourd’hui que la Russie est un bloc d’énergies fossiles. Ce
pays est un véritable continent qui recèle des ressources énergétiques en très grandes
quantités, déjà exploitées ou exploitables dans l’avenir. Elle est aussi la seule grande
puissance industrielle à être totalement autosuffisante en énergie et, comme elle est
un grand exportateur, elle joue un rôle majeur dans l’approvisionnement pétrolier
et gazier de nombreux pays industrialisés, principalement en Europe et présente, en
conséquence, une évidente dimension géostratégique.
Le Panorama énergétique
L’énergie n’est peut-être pas la vie mais elle est indispensable à l’homme et lui
est, en quelque sorte, consubstantielle. Un pays ne se développe qu’en consommant
de l’énergie et c’est cette consommation même qui indique son niveau de développement.
Aujourd’hui, le monde consomme annuellement environ 11 milliards de tep (tonne d’une matière énergétique produisant la même quantité de calories qu’une
tonne de pétrole, ainsi une tonne de charbon est en moyenne de 0,66 tep et 1 000m3
de gaz naturel représentent 0,9 tep), ce total se décomposant approximativement en
38% de pétrole, 26% de charbon et 24% de gaz naturel, soit 88% d’énergies fossiles
complétées par 12% d’électricité primaire de source hydraulique ou nucléaire.
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à suivre
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André PERTUZIO
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| La Russie et l’OTAN
L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, l’OTAN, est issue du
traité d’alliance ou pacte de l’Atlantique Nord, signé à Washington le 4 avril 1949.
L’Otan n’a cessé de s’élargir. A l’origine, elle comptait 12 Etats fondateurs, pour 26,
dont 21 européens, à son soixantième anniversaire.
La genèse du traité de Washington tient à la naissance de la guerre froide, opposant
les Occidentaux à l’URSS et à ses alliés. Ces alliés, qu’a regroupés l’URSS par
des traités bilatéraux très contraignants, ont été chapeautés de plus par le pacte de
Varsovie, rédigé, lui, sur le modèle du traité de Washington, donc nettement moins
contraignant que les traités bilatéraux restés en vigueur jusqu’à la chute de l’Union
soviétique.
En effet, l’article 5 du traité de Washington institue une assistance mutuelle des
Etats-membres. Ainsi, les parties prenantes au traité se doivent d’intervenir au profit
de la partie attaquée, mais chaque partie a la liberté de faire jouer une réserve, car
elle engage « aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action
qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la
sécurité dans la région de l’Atlantique Nord ». Il n’y a donc pas d’automaticité de l’engagement
militaire, puisque la décision du mode d’action appartient exclusivement
à chaque partie. En d’autres termes, d’une manière certes quelque peu caricaturale,
une partie peut juger loisible de se limiter à une simple protestation, en cas d’attaque
de son alliée, voire à l’envoi de condoléances émues.
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.à suivre
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Général (cr) Henri PARIS
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| La Russie, obstacle majeur sur la route de « l’Amérique-monde »
Alors que les Etats-Unis tentent, depuis le 11 septembre 2001, d’accélérer
leur projet de transformation du monde à l’image de la société démocratique
et libérale rêvée par leurs pères fondateurs, les civilisations non occidentales se dressent
sur leur chemin et affirment leur volonté de puissance.
La Russie, en particulier constitue un obstacle géopolitique majeur pour Washington. Elle entend défendre son espace d’influence et montrer au monde
qu’elle est incontournable sur le plan énergétique.
L’un des auteurs classiques de la géopolitique, Halford J. Mackinder (1861-1947), un amiral britannique, qui professa la géographie à Oxford, défendait
comme thèse centrale que les grandes dynamiques géopolitiques de la planète s’articulaient
autour d’un coeur du monde (heartland), l’Eurasie. Pivot de la politique
mondiale que la puissance maritime ne parvenait pas à atteindre, l’Eurasie avait
pour coeur intime la Russie, un Empire qui « occupait dans l’ensemble du monde la
position stratégique centrale qu’occupe l’Allemagne en Europe ».
Autour de cet épicentre des secousses géopolitiques mondiales, protégé par une
ceinture faite d’obstacles naturels (vide sibérien, Himalaya, désert de Gobi, Tibet)
que Mackinder appelle le croissant intérieur, s’étendent les rivages du continent
eurasiatique : Europe de l’Ouest, Moyen-Orient, Asie du Sud et de l’Est.
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Aymeric Chauprade
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La crise dans les relations OTAN -Russie :
Vers un nouveau système de sécurité Européenne
L’OTAN et la Russie
Ce n’est que récemment que les pronostics les plus alarmants des stratèges
américains spécialistes de la mondialisation, George Kennan et Paul Nitze, entre
autres, qui prédisaient en 1997 que l’élargissement de l’OTAN représenterait « une
erreur politique historique », ont commencé à paraître vrais.1 Le débat concernant
l’expansion de l’OTAN avait traumatisé l’administration Clinton. Néanmoins, la
première vague d’élargissement avait eu lieu entre 1997 et 1999. Elle avait alors été
suivie par une seconde vague durant la première moitié du mandat de George Bush
de 2002 à 2004. L’opposition russe à l’élargissement de l’OTAN sous l’administration
Eltsine avait été en grande partie ignorée ou banalisée par Washington, alors
que Moscou avait commencé à réagir beaucoup plus fortement tant à l’expansion
militaire des Etats-Unis qu’à l’élargissement de l’OTAN, pendant les mandats de
Vladimir Poutine et de Dimitri Medvedev.
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Hall GARDNER
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| Un parfum de guerre froide en Amérique latine :
l’arrivée de la Russie dans le « pré carré » des États-Unis
Un rapprochement entre l’Amérique latine et la Russie s’est opéré ces derniers mois dans un contexte de tensions américano-russes (bouclier antimissile
; crise géorgienne). Les Russes paraissent ainsi vouloir s’implanter dans le « pré
carré » traditionnel américain en réponse à l’immixtion des Etats-Unis dans les
affaires caucasiennes.
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, tire habilement profit de cette confrontation
pour promouvoir « l’anti-impérialisme » et renforcer sa position au niveau
régional.
Plusieurs événements sans liens directs ont contribué à élever la tension en
Amérique du sud, dans le contexte plus large de la confrontation diplomatique
entre les Etats-Unis et la Russie : la crise en Bolivie et le déploiement d’unités militaires
russes au Venezuela.
Il est intéressant de constater que la Bolivie a été confrontée comme la Géorgie
à des revendications sécessionnistes et que parallèlement : - dans le Caucase, les Américains plaident pour le respect de l’intégrité territoriale
en opposition aux Russes qui soutiennent les sécessionnistes ossètes et abkhazes ;
- alors qu’en Amérique du Sud, les Américains semblent soutenir les provinces
en rupture de ban tandis que les Russes, en s’affichant aux côtés du Venezuela, se
rangent du côté des défendeurs de l’intégrité territoriale.
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Bruno MUXAGATO |
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| L’Orthodoxie et la Russie
Depuis 998, date du baptême du Grand Prince de Kiev, l’orthodoxie
joue dans la vie du monde russe un rôle fondamental. On le sait : l’église orthodoxe
est issue du catholicisme byzantin qui a rompu avec Rome en 1054 – l’orthodoxie
russe si elle est pleinement orthodoxe, est une église autonome, autocéphale
comme disent les théologiens, depuis 1453, date de la prise de Constantinople par
les Ottomans.
Théologiquement l’Eglise orthodoxe a les mêmes fondements que les autres
églises chrétiennes – elle est attachée à l’exaltation de la personne même du Christ,
à la Trinité : elle est fidèle au Credo Nicée et estime que « le Saint Esprit … procède
du Père », rejetant le Filioque instauré par l’Eglise romaine (867). Elle fait une
grande place à la Vierge, mère de Dieu, qui s’enracine dans le sol russe intégrant
la tradition païenne de la Déesse-terre. Elle proclame une ecclésiologie de communion
« l’Eglise locale autour de son évêque n’est pas le fragment d’une Eglise
universelle mais la manifestation d’une Eglise une et sainte en un lieu donné » (Gr.
Palamas, 1360).
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François G. DREYFUS
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| Les politiques islamiques de l’URSS et de la Russie
La puissance soviétique s’est toujours heurtée au problème religieux sur son
territoire et en divers points du monde dont, en particulier, les régions turcophones.
Un cinquième environ des ressortissants russes adhère à l’islam. Une partie de
ces musulmans habite le “Turkestan”, terme qui fut banni par les communistes car
il évoque, pour eux, le “panturkisme”, c’est-à-dire la solidarité des peuples de ces
régions avec ceux du Caucase (Azeri), de l’Iran, de l’Afghanistan et de l’Anatolie.
Entre plusieurs maux, les dirigeants du Kremlin avaient choisi l’idéologie la
moins dangereuse pour eux, l’arabisme.
Une évolution contrastée
Depuis les purges staliniennes de 1937, l’orientalisme soviétique était pourtant
en crise. Mais dès la signature du pacte de Bagdad en 1955 – par lequel les
Britanniques voulaient barrer la route au communisme – les spécialistes russes commencèrent
à s’intéresser aux problèmes de l’islam sur leur territoire.
Le premier numéro de la revue Sovietskoye Vostokovedenie, organe de l’Institut
des études orientales près de l’Académie des sciences de l’URSS, paraît en avril 1955
(le traité turko-irakien de Bagdad date de février) après dix-huit ans de silence !
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Roger TEBIB
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| Les relations irano-russes : vers une alliance contre l’influence américaine Approche historique
Les relations entre la Russie et l’Iran (Perse) ont officiellement
commencé sous le règne des souverains Safavides en 1592. L’Iran était à cette époque
l’enjeu de convoitises et suscitait l’appétit des différentes puissances du moment. Elles
sont devenues vraiment consistantes lorsque l’Empire Safavide (1) affaibli, fit place
à la dynastie Qajar ou Kadjars (2), qui dut rapidement s’employer à gérer la tourmente
interne, alors que des puissances coloniales rivales cherchaient immédiatement
à s’implanter de manière durable dans la région. Les Portugais, les Britanniques, les
Hollandais rivalisaient dans le sud et sud-est de la Perse, dans le golfe Persique, alors
que la Russie n’avait aucun rival au nord et pouvait fondre plus au sud pour établir sa
domination sur les territoires du nord de la Perse.
Miné par des querelles politiques internes, le gouvernement qajaride s’est trouvé
dans l’incapacité de faire face au défi d’affronter et même de repérer la menace au
nord que représentait la Russie. La cour royale affaiblie et en faillite sous Fath Ali
Shah fut forcée de signer le célèbre Traité de Golestân en 1813, suivi par celui du
Turkmanchai en 1928. Au cours de deux guerres contre la Perse, la Russie impériale
continua sa percée au sud faisant perdre à la Perse son ancrage traditionnel en Asie
centrale, grâce à sa puissance militaire. Les armées russes occupèrent la côte d’Aral
en 1849, Tachkent en 1864, Boukhara en 1867, Samarcande en 1868, Khiva et
Amudarya en 1873. Le traité d’Akhal devait achever le dépeçage de la Perse en faveur
de la Russie. Celle-ci, en effet, redoutait l’avancée britannique dans le contexte
du Grand jeu qui convoitait la Perse et l’Asie centrale pour consolider ses positions
aux Indes britanniques.
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Mohamed Fadhel TROUDI
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| Damas et Téhéran : une alliance de trente ans renforcée et indéfectible ?
Au moment où la révolution iranienne célèbre son trentième anniversaire,
il n’est pas inintéressant de s’interroger sur une de ses réussites les plus notables,
d’un point de vue stratégique : la solidité de son alliance1 avec la Syrie à
laquelle tout ou presque semble l’opposer au départ. Si de nombreuses publications
traitent des deux autres enjeux décisifs et très médiatisés à propos de l’Iran
(le « croissant chiite » et la bombe atomique), celui relatif à l’axe
Damas-Téhéran a suscité moins d’analyses à ce jour2. Pourtant, des trois, c’est ce dernier qui est
aujourd’hui le plus abouti, le plus conceptualisé, le moins hypothétique et qui à ce
titre mérite une évaluation objective et non fantasmée à l’instar des autres questions
clef évoquées juste avant. Rappelons préalablement que cette alliance politique est
unique en son genre dans la région par sa durée, car s’il existe d’autres pays proche
ou moyen-orientaux ayant noué des partenariats privilégiés de longue date, à l’instar
d’Israël ou de l’Arabie Saoudite, tous deux avec Washington, ils ne concernent
pas deux Etats de la région entre eux. A cet effet, nous rappellerons dans un premier
temps la naissance de cette alliance et sa consolidation, puis sa montée en puissance
et ses perspectives futures.
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Pierre Berthelot
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Union européenne & Fédération de Russie Des relations ambiguës ou des rapports à risque ?
L’Europe, géant économique et nain politique, ne parle pas d’une
seule voix – et c’est le moins que l’on puisse dire – surtout lorsqu’il s’agit d’envisager
selon quelles voies construire un partenariat, éventuellement stratégique, avec ce
grand voisin qu’est la Russie.
Il n’est cependant pas ici envisageable de traiter de façon exhaustive la question
des relations UE/Russie eu égards à sa complexité, à sa constante mobilité et en
raison des multiples interactions qui entrent en jeu. Interactions en particulier avec
ce qu’il convient de nommer la grande stratégie américaine en oeuvre au sud de
l’espace Russe dans de ce Rimland qui court des colonnes d’Hercule, de l’Atlantique
donc, à l’Asie centrale via le Levant et incluant en outre les Balkans, l’Asie mineure
et le Caucase…
Des interférences également liées à la gestion du dossier iranien, aux crises de
Géorgie et d’Ukraine, au conflit afghan et à ses débordements sur le sol pakistanais,
tout cela sur fond d’âpre concurrence pour le contrôle des sources d’énergies fossiles
et pour les zones de passage ou d’accès autrement nommées couloirs de transit énergétique…
voies d’acheminement d’une valeur géostratégique équivalente à celle des
gisements eux-mêmes. Tels sont d’ailleurs les véritables enjeux de l’actuelle guerre
afghano-pakistanaise aux abords immédiats de la zone d’influence de la Fédération
de Russie. Un conflit dans lequel l’Union européenne se trouve profondément engagée
aux côtés de son allié d’Outre-Atlantique et qui depuis 2004 prend de plus
en plus mauvaise tournure.
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Jean-Michel VERNOCHET
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PARUTION
/ PUBLICATION
THE THREE IRANIAN ISLANDS OF THE PERSIAN GULF
Based on documents and historical evidences
Focusing on the historical
documents on the Persian Gulf, the Three Iranian Islands in the Persian
Gulf argue that question of these three Islands must be analysed on a
historical perspective. From 1907, Iran’s Central Government insisted on
its sovereignty over the three Islands. When Britain announced its
withdrawal from the east of Suez and the Persian Gulf region in 1971,
thereby terminating its agreements and connections with the sheikhdoms of
the Persian Gulf, Iran seized the opportunity to initiate talks with
Britain to regain sovereignty of the three Islands after 80 years. The
Persian Gulf Arab states still tend to cling to the indefensible quarrel
over the three Iranian islands by inclining towards foreign powers even as
far as inviting them into the region. However, they express their fear of
Persian domination. As a historical fact, Iran never attempted to invade
or attack any of its neighbours over the past three hundred years. Through
an exploration of the dynamics of negotiation and Nation-state bulding in
the Persian Gulf, this illuminating book sets out to uncover the true
significance of the historical issues at stake.
A book
of 283 pages with 112 maps (historical cartography) Published by: INSTITUT
INTERNATIONAL D’ETUDES STRATEGIQUES WITH THE COLLABORATION OF THE
PERSIAN GULF STUDIES INSTITUTE ( P.G.S.I.)
Prix : 30 Euros
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